Test objectifs macro pour smartphones

Quel objectif macro pour un smartphone ?

Faire une belle photo de fleur, de plante ou d'insecte est désormais possible avec un smartphone. La photographie du "petit monde" porte le nom de "macrophotographie" (couramment "macro"), bien que ce terme soit parfois inadapté sur le plan technique... En effet la macrophotographie qualifie techniquement les photos sur lesquelles le sujet occupe au moins à sa taille réelle sur l'image (rapport 1:1). Si le sujet apparaît plus petit que sa taille réelle, bien qu'il fasse l'objet d'une photo rapprochée, on devrait parler de "proxyphotographie". Pour simplifier, nous utiliserons ici le terme "macro" que tout le monde connaît bien.

Bien que les smartphones permettent de photographier un sujet d'assez près, la distance minimum de mise au point ne descend guère en dessous de 8 cm, ce qui autorise la photographie d'un assez grand sujet, mais reste bien top élevé pour capturer les détails d'une fleur ou d'un insecte. Il est certes possible de zoomer pour agrandir le sujet, mais d'une part ce n'est guère facile pour conserver une netteté correcte et d'autre part, le zoom étant numérique, on perd très rapidement de la qualité d'image puisque le nombre de pixels va chuter dramatiquement.

Pour réaliser une macro de fleur ou d'insecte, il est nécessaire d'équiper son smartphone d'un "objectif macro". Ici aussi, ce terme couramment employé par les vendeurs et sites marchands est impropre. L'objectif fait partie intégrante du smartphone et sans lui aucune photo ne serait possible. On pourrait le comparer à l'objectif d'un reflex sans lequel un boitier serait bien incapable de capturer quoi que ce soit...  On devrait donc parler de "complément optique" pour ces lentilles qui viennent se placer devant le véritable objectif et en modifient les caractéristiques.

Pour ceux qui ont ont pratiqué les boitiers/objectifs reflex ou les bridges, ces compléments optiques sont assez comparables aux lentilles destinées à ces appareils et dénommées "bonnettes".

 

 

WP_20160521_17_39_43_RawSelon le but recherché, plusieurs types de compléments optiques pourront être utilisés sur les smartphones. Le but de cet article est de les faire connaître et d'expliquer leurs caractéristiques et destinations. Ici aussi, pour des raisons de facilité syntaxique et ne pas perturber les recherches lors de l'achat sur les sites marchands, nous parlerons d'objectifs pour évoquer ces compléments optiques.

La photo ci-contre montre les trois types d'objectifs auxquels nous nous intéresserons. Ceux situés à gauche et à droite sont munis d'une pince permettant de les fixer instantanément sur le smartphone. Celui du milieu est supporté par un montage qui sera ajusté au smartphone, permettant de l'adapter sur des équipement dont l'emplacement d'objectif intégré ne permet pas l'utilisation d'une pince (trop distant du bord). Il existe d'autres types de fixation, mais nous ne les apprécions pas beaucoup : fixation avec une rondelle de polymère auto adhésif qui perd de son efficacité rapidement dès qu'un peu de poussière se colle à la surface, et fixation magnétique qui nécessite de coller une rondelle métallique autour de l'objectif du smartphone (pas toujours facile quand le support est carré... et risque éventuel de dysfonctionnement en raison de l'aimantation).

La photo met bien en évidence la différence de taille importante entre l'objectif au centre et les deux modèle des côtés. En fait, ces deux objectifs montés sur pince sont vraiment conçus pour l'utilisation sur un smartphone. Le diamètre de l'objectif intégré au smartphone étant très petit, nul besoin de monter une large lentille. L'objectif central est en réalité initalement destiné à des caméscopes, ce qui explique le diamètre supérieur. Le pas de vis de fixation au support alu est de 37 mm.  Pour ceux qui préfèreraient la fixation avec pince, il existe des pinces avec pas de vis 37 mm qui permettront une fixation rapide sur le terrain. Il conviendra cependant de s'assurer que la longueur de la pince conjuguée au rayon de l'objectif permette d'ajuster le centre de l'objectif avec celui de l'objectif du smartphone.

Mis à part le système de fixation, la conception des objectifs est bien différente de l'un à l'autre.

WP_20160521_17_42_34_Raw Si les deux "petits" objectifs à pince semblent très semblables au premier regard, il sont en réalité très différents : celui de droite a une monture métallique pleine. tandis que celui de gauche est muni d'un cylindre de plastique transparent. 

Le modèle de droite va permettre de photographier un sujet à une distance de 3 ou 4 cm. Le sujet sera fortement grossi, mais restera aisément identifiable. Ce type d'objectif conviendra parfaitement pour la photographie d'une fleur, d'un insecte, d'un timbre ou tout autre petit objet dont il montrera les détails tout en respectant l'identité globale.

L'autre modèle demandera d'être quasiment "collé" au sujet. C'est la raison pour laquelle il est muni de ce cylindre transparent dont le rôle est de laisser passer un peu de lumière pour permettre la prise de vue. Sans cette caractéristique, le sujet serait bien trop sombre pour permettre une image correcte. Mais en contrepartie, l'objectif va ouvrir des possibilités de très fort grossissement et sera préférable au précédent lorsqu'on veut photographier de très petits détails. Si l'utilisation sur des objets inanimés ou des fleurs ne présente pas trop de difficultés (si ce n'est la profondeur de champ très très faible...), il en ira tout autrement des sujets mobiles et vifs comme les insectes !

Pour donner une idée des possibilités et destinations de ces deux objectifs, nous les avons utilisés pour photographier une pièce d' 1 centime d'euro. 

WP_20160521_14_15_40_RawWP_20160521_14_17_52_RawA gauche, la pièce photographiée avec l'objectif à pince "monture pleine" : la pièce est bien reconnaissable et les détails sont bien visibles. La règle graduée montre un diamètre d'environ 1,5 cm.

A droite, la pièce photographiée avec l'objectif "ultra-macro". Le résultat est étonnant, mais l'utilisation ne se prête qu'à la photographie de très petits détails d'un sujet immobile.

Pour ces deux objectifs, la profondeur de champ (la zone de netteté) est très faible. Le moindre mouvement fera perdre la mise au point et il faudra veiller à respecter la meilleur immobilité pour d'une part rester focalisé dur le point visé et pour ne pas gâcher la photo par un flou de bouger.

L'objectif de plus grand diamètre a une double vocation. Il est à la fois macro et grand angle. Sa conception en deux parties en fait un grand angle quand les deux parties sont utilisées conjointement, et il devient macro quand on enlève la plus grande moitié pour ne laisser que la lentille (bonnette) macro.

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La photographie de la même pièce montre que le grossissement est un peu moins important que pour l'objectif de petit diamètre. Cependant, la qualité de l'image est nettement meilleure. L'objectif est utilisé sur sa partie centrale qui offre une bien meilleure qualité que sa périphérie. La définition de l'image est meilleure, les aberrations chromatique relevées avec l'objectif de petit diamètre ont disparu.

Comparons maintenant ces trois photos de notre pièce de 1 ct avec ce que l'on obtient avec le smartphone non muni de l'un de ces objectifs:

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Pas besoin de plus longues explications pour démontrer l'intérêt de ces compléments optiques !

Infos pratiques :

Prix :
- Les objectifs à pince, de petit diamètre, sont vendus entre 12 et 25 €  (selon la marque et le vendeur)
- Les objectifs macro/grand angle 37mm valent entre 18 et 30 €
- Il existe des packs d'objectifs à pince comprenant généralement 3 objectifs : FishEye, Grand Angle et Macro (soit en trois objectifs différents, soit en deux objectifs dont l'un combine macro/grand angle). Des packs entrée de gamme se trouvent entre 12 et 20  €. Compter +/- 40 € pour un pack d'objectifs à pince de qualité